Deux graines identiques peuvent-elles présenter une composition différente simplement parce qu'elles n'ont pas été arrosées avec la même eau ?
C'est la question posée dans cette publication scientifique consacrée à la germination de la luzerne (Medicago sativa). Les auteurs ont comparé quatre types d'eau pendant huit jours, puis fait analyser les graines germées pour mesurer leurs teneurs en vitamines, minéraux et oligo-éléments.
L'intérêt de l'expérience est double : comparer une eau du réseau et une eau filtrée, mais aussi observer ce qui se passe lorsque l'on ajoute du dihydrogène dissous H₂ à une eau filtrée ou à une eau osmosée.
dans les conditions de cette étude, l'eau filtrée puis hydrogénée a obtenu les teneurs les plus élevées pour la majorité des éléments analysés, avec notamment une vitamine B6 mesurée à 0,076 mg/100 g contre 0,027 mg/100 g avec l'eau du réseau.
La publication scientifique : impact de l'eau hydrogénée H₂ sur les vitamines et minéraux des graines germées
Measurement of the impact of hydrogenated water H2 on the germination of alfalfa Medicago sativa L. seeds (by analysis of vitamins and minerals)
South Florida Journal of Development, Miami, vol. 6, n° 9, p. 1-21, 2025. ISSN 2675-5459.
Publication reçue le 1er août 2025 et acceptée le 29 août 2025.
DOI : 10.46932/sfjdv6n9-007
Auteurs : Olivier Louis Henri Salières, ingénieur diplômé de l'ENSICA de Toulouse, et Stéphane Améziane Dumortier Oussedik, Président de LEAU LAVIE et importateur / distributeur d'IDROGEN pour l'Europe et l'étranger.
Pourquoi étudier l'eau hydrogénée sur les graines germées ?
L'hydrogène moléculaire H₂ est déjà étudié dans le domaine végétal. La publication cite notamment des travaux portant sur la croissance des plantes, la résistance à certains stress, la conservation de végétaux ou encore l'action de l'eau riche en hydrogène sur la germination.
En revanche, les auteurs soulignent que la composition nutritionnelle des graines germées après utilisation d'une eau enrichie en H₂ reste encore peu étudiée.
L'objectif n'était donc pas seulement de regarder si les graines poussaient. Il s'agissait de mesurer ce qu'elles contenaient après huit jours : phosphore, potassium, calcium, magnésium, fer, cuivre, zinc, manganèse, vitamines B6, B9, C et K1.
Le protocole : quatre eaux comparées pendant 8 jours
Les graines de luzerne utilisées provenaient de Grains de Provence, à Villelaure dans le Vaucluse. La publication précise qu'elles provenaient de la récolte 2021, lot GGA01-21.
Les graines ont été sélectionnées pour être de taille comparable et exemptes de dommages physiques visibles. Elles ont ensuite été réparties en quatre groupes de 30 g.
Chaque groupe a été placé dans un germoir à étages sans bisphénol A. Avant la germination, les graines ont subi une phase d'imbibition de 10 heures, choisie par les auteurs pour la luzerne.
La température retenue était d'environ 20 °C. Les graines ont ensuite été arrosées deux fois par jour pendant huit jours, selon le protocole décrit dans la publication.
Les quatre lots
Lot 1 : eau du réseau.
Lot 2 : eau filtrée avec un filtre à charbon actif.
Lot 3 : eau osmosée puis hydrogénée.
Lot 4 : eau filtrée sur charbon actif puis hydrogénée.
Cette comparaison est importante, car elle permet de ne pas opposer simplement « eau avec H₂ » et « eau sans H₂ ». Elle montre aussi que la nature de l'eau de départ peut être associée à des résultats différents.
Comment l'eau hydrogénée a-t-elle été produite ?
L'eau enrichie en H₂ a été préparée avec un générateur IDROGEN IDP002.
Le dispositif décrit dans la publication utilise une membrane à échange de protons SPE/PEM et des électrodes composites en titane revêtues de platine. Le principe est de produire du dihydrogène et de le dissoudre dans l'eau tout en séparant les produits formés du côté anodique.
La publication indique une plage de fonctionnement de 1 100 à 1 300 ppb en cinq minutes, et rapporte lors de la mesure présentée dans l'étude une valeur de 1 320 ppb après 5 minutes.
mesurés après 5 minutes de fonctionnement.
Les mesures de concentration en H₂ ont été répétées trois fois. La publication précise que l'écart entre les trois valeurs enregistrées était inférieur à 0,3 %.
Un point méthodologique important : le laboratoire ne connaissait pas les quatre lots
Après les huit jours de germination, les graines germées ont été récupérées puis transmises au laboratoire L.D.M.
Les échantillons étaient simplement identifiés par des numéros de lot de 1 à 4. Le laboratoire les a donc analysés sans connaître le type d'eau correspondant.
Cette analyse en aveugle ne supprime pas toutes les limites possibles d'une expérience, mais elle permet de réduire le risque de biais au moment des analyses de laboratoire.
Comment les vitamines, minéraux et oligo-éléments ont-ils été mesurés ?
Toutes les substances n'ont pas été mesurées avec la même technique. La méthode a été adaptée au type de composé recherché.
Minéraux et oligo-éléments : spectrométrie atomique, avec notamment un Varian Vista MPX.
Vitamine C : HPLC avec détection UV.
Vitamine K1 : HPLC avec détection fluorométrique selon la norme NF EN 14148.
Vitamine B6 : méthode microbiologique selon la norme NF EN 14166.
Vitamine B9 : méthode ELISA.
Les résultats : des différences nettes après 8 jours
Après huit jours, les analyses montrent que la composition des graines germées varie selon l'eau utilisée.
Le lot arrosé avec l'eau filtrée puis hydrogénée obtient les teneurs les plus élevées pour la majorité des paramètres mesurés. Certains écarts sont modestes, d'autres beaucoup plus marqués.
Vitamine B6 : la différence la plus marquée
Avec l'eau du réseau, la vitamine B6 est mesurée à 0,027 mg pour 100 g de graines germées.
Avec l'eau filtrée puis hydrogénée, elle atteint 0,076 mg/100 g.
Une teneur environ 2,8 fois plus élevée (+181 %).
C'est le résultat le plus marqué parmi les vitamines mesurées dans cette expérience.
Potassium : 52,9 à 82,8 mg/100 g
Le potassium passe de 52,9 mg/100 g avec l'eau du réseau à 82,8 mg/100 g avec l'eau filtrée hydrogénée.
Soit environ +57 %.
Magnésium : 15,9 à 23,8 mg/100 g
La teneur en magnésium passe de 15,9 mg/100 g avec l'eau du réseau à 23,8 mg/100 g dans le lot eau filtrée hydrogénée.
Soit près de +50 %.
Phosphore : 47 à 67,9 mg/100 g
Le phosphore passe de 47 mg/100 g avec l'eau du réseau à 67,9 mg/100 g avec l'eau filtrée hydrogénée.
Soit environ +44 %.
Fer : environ 43 % de plus
Le fer passe de 1,35 mg/100 g dans le lot eau du réseau à 1,93 mg/100 g avec l'eau filtrée hydrogénée.
Soit environ +43 %.
Des différences également pour le cuivre, le zinc, le manganèse et la vitamine B9
D'autres substances présentent aussi une teneur supérieure avec l'eau filtrée hydrogénée lorsqu'on la compare au lot arrosé à l'eau du réseau.
Cuivre : 0,11 → 0,15 mg/100 g, soit environ +36 %.
Manganèse : 0,14 → 0,17 mg/100 g, soit environ +21 %.
Vitamine B9 : 0,042 → 0,046 mg/100 g, soit environ +10 %.
Zinc : 0,60 → 0,65 mg/100 g, soit environ +8 %.
Tous les résultats n'augmentent pas : le calcium et la vitamine C
Une lecture sérieuse de l'étude impose aussi de regarder les résultats qui ne vont pas dans le même sens.
Deux éléments ressortent particulièrement : le calcium diminue, tandis que la vitamine C ne progresse pas avec l'eau filtrée hydrogénée par rapport à l'eau du réseau.
Calcium : une diminution de 11,5 % avec l'eau filtrée hydrogénée
Le calcium est mesuré à 28,6 mg/100 g avec l'eau du réseau et à 25,3 mg/100 g avec l'eau filtrée hydrogénée.
Soit environ -11,5 %.
La valeur est encore plus faible avec l'eau osmosée hydrogénée : 14,4 mg/100 g.
Dans la discussion, les auteurs évoquent l'influence possible de l'acide phytique pendant la germination pour expliquer certaines variations minérales. Cette explication reste une interprétation proposée dans la publication et ne constitue pas, dans cette expérience, un mécanisme directement démontré.
Vitamine C : la valeur la plus élevée est obtenue avec l'eau filtrée non hydrogénée
La vitamine C est mesurée à 19 mg/100 g avec l'eau du réseau.
Elle est également de 19 mg/100 g avec l'eau filtrée hydrogénée.
La valeur la plus élevée est observée dans le lot arrosé avec l'eau filtrée non hydrogénée : 22,4 mg/100 g. Ce résultat montre pourquoi il est important de présenter l'ensemble des données et pas uniquement les augmentations.
Le tableau complet des résultats
Le tableau ci-dessous reprend les valeurs mesurées dans les quatre lots après germination. Les résultats sont exprimés en mg/100 g.
| Élément | Eau du réseau | Eau filtrée | Eau osmosée hydrogénée | Eau filtrée hydrogénée |
|---|---|---|---|---|
| Phosphore | 47 | 48,1 | 47,6 | 67,9 |
| Potassium | 52,9 | 56,7 | 72,8 | 82,8 |
| Calcium | 28,6 | 27,1 | 14,4 | 25,3 |
| Magnésium | 15,9 | 17,1 | 23,4 | 23,8 |
| Fer | 1,35 | 1,51 | 1,69 | 1,93 |
| Cuivre | 0,11 | 0,11 | 0,22 | 0,15 |
| Zinc | 0,60 | 0,48 | 0,45 | 0,65 |
| Manganèse | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,17 |
| Vitamine B6 | 0,027 | 0,046 | 0,034 | 0,076 |
| Vitamine B9 | 0,042 | 0,045 | 0,037 | 0,046 |
| Vitamine C | 19 | 22,4 | 13,5 | 19 |
| Vitamine K1 | 0,032 | 0,030 | 0,028 | 0,033 |
Ce tableau montre aussi une nuance importante : l'eau filtrée hydrogénée n'est pas la valeur la plus élevée pour absolument tous les paramètres. Par exemple, le cuivre est plus élevé dans le lot eau osmosée hydrogénée, tandis que la vitamine C est plus élevée avec l'eau filtrée non hydrogénée.
Eau filtrée hydrogénée et eau osmosée hydrogénée : pourquoi les résultats diffèrent-ils ?
Un point intéressant de l'étude est que les deux eaux enrichies en H₂ ne donnent pas exactement les mêmes résultats.
Dans cette expérience, l'eau filtrée hydrogénée obtient les valeurs les plus élevées pour la majorité des nutriments analysés, alors que l'eau osmosée hydrogénée est parfois en retrait.
Avant la germination, les auteurs ont également mesuré les solides dissous par TDS :
Eau du réseau : 218 ppm.
Eau filtrée : 123 ppm.
Eau osmosée puis hydrogénée : 41 ppm.
Eau filtrée puis hydrogénée : 123 ppm.
Le TDS correspond aux solides dissous présents dans l'eau. Il ne mesure pas uniquement les minéraux et ne permet donc pas, à lui seul, d'expliquer les différences observées entre les lots.
Les auteurs utilisent dans leur discussion le terme de « potentialisateur » pour décrire l'action possible du H₂ sur les minéraux, oligo-éléments et vitamines observés pendant la germination.
Il faut toutefois rester précis : cette étude mesure un résultat final, mais elle ne démontre pas le mécanisme biologique exact qui produit ces différences. D'autres travaux seraient nécessaires pour l'établir.
Ce que cette étude permet réellement de conclure
La première conclusion est simple : la composition des graines germées diffère selon l'eau utilisée pendant le protocole de germination.
La seconde est que, parmi les quatre conditions comparées, l'eau filtrée puis hydrogénée présente les teneurs les plus élevées pour la majorité des paramètres analysés.
La vitamine B6 constitue le résultat le plus spectaculaire : 0,076 mg/100 g contre 0,027 mg/100 g avec l'eau du réseau.
Le potassium, le magnésium, le phosphore et le fer montrent également des écarts importants en faveur du lot eau filtrée hydrogénée.
Mais les données montrent aussi que l'effet n'est pas uniforme : le calcium diminue et la vitamine C ne progresse pas dans ce même lot.
Les limites à garder à l'esprit
Cette publication concerne une expérience menée sur une seule espèce végétale : la luzerne (Medicago sativa).
Elle repose sur un protocole précis, avec un lot de graines identifié, une durée de huit jours et quatre types d'eau déterminés. On ne peut donc pas supposer que toutes les espèces végétales réagiraient de façon identique.
L'expérience met en évidence des différences mesurées dans les graines germées, mais elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer le mécanisme biologique à l'origine de ces variations.
Les auteurs indiquent eux-mêmes que les applications agricoles de l'hydrogène moléculaire sont encore à un stade précoce et que des études supplémentaires sont nécessaires.
Enfin, il s'agit d'une étude sur des graines germées et non d'une étude clinique. Ces résultats ne permettent donc pas de conclure à un effet sur la santé humaine.
🌱 Ce que cela change concrètement
Si vous faites germer des graines chez vous, cette étude montre une chose intéressante : l'eau utilisée pendant la germination peut être associée à une composition finale différente en vitamines, minéraux et oligo-éléments.
Dans les conditions testées sur la luzerne, c'est l'eau filtrée sur charbon actif puis hydrogénée qui a obtenu les teneurs les plus élevées pour la majorité des substances mesurées.
Pour reproduire au plus près l'expérience, il faut donc retenir le protocole utilisé : même type de graines, même durée de germination et même type d'eau.
Ce résultat ne constitue toutefois pas une recommandation universelle pour toutes les graines. Il indique ce qui a été observé dans cette expérience précise sur Medicago sativa.
Consulter la publication scientifique
Measurement of the impact of hydrogenated water H2 on the germination of alfalfa Medicago sativa L. seeds (by analysis of vitamins and minerals)
South Florida Journal of Development, 2025, vol. 6, n° 9, p. 1-21.
DOI : 10.46932/sfjdv6n9-007
Lire l'étude sur la germination des graines de luzerne
Lire l'étude sur la quantité d'eau utilisé avec les graines de radis
Cette page présente les résultats d'une publication scientifique consacrée à la germination de graines de luzerne. Elle ne constitue pas une étude clinique et ne permet pas de conclure à un bénéfice pour la santé humaine.